Bibliothèques, jeux & numérique

Retour sur deux sorties de la Ludobox en mai dernier, à l’Atelier numérique de Versailles et à la BPI (Bibliothèque Publique d’Information) du Centre Pompidou à Paris, avec pour point commun le public : des « bibliopotes » venus des quatre coins de la France.

Nous répondons tout d’abord à l’invitation  de la Bibliothèque Départementale des Yvelines pour participer à une « matinale Bibliobox » dans le cadre d’un cycle de formation destinée aux bibliothécaires du département. Nous intervenons juste après Olivier Forest, bibliothécaire à Bures-sur-Yvette, qui commente son expérience, pas exactement rassuré, de l’installation et appropriation de la chose… une Bibliobox. Notre duo féminin pour présenter un détournement (la version Ludobox ou ludothèque numérique) du même dispositif (un routeur wifi avec une interface web/distribution OpenWrt ) semble apaiser les craintes.

On en profite également pour raconter « une petite histoire des réseaux offline » qui réactualise les pratiques de caches ou de boîtes aux lettres mortes (espionnage, geocaching, etc) dans une perspective locale et globale. Oui, ça nous paraît important de s’attarder sur le sujet pour mieux appréhender l’intérêt et les enjeux du offline dans une société qui roule au streaming et confie sa mémoire au cloud. Pour Dcalk, le offline est synonyme de communs (ce qu’on y dépose (consciemment) dans un désir de partage), de copie (on n’est ni dans l’achat, ni dans le prêt, ni dans le compromis de l’acquisition temporaire, mais bel et bien dans la possession d’une copie légale d’un fichier numérique) et enfin de convivialité (parce qu’on accède à ce contenu en se rendant dans un espace social VS home alone).

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Fin des interventions et début de la visite de l’Atelier numérique.

Finalement, installer une Bibliobox c’est déjà éprouver l’idée de réseau offline en se rapprochant de ses voisins bibliothécaires qui bidouillent de la même façon (voir le forum bibliobox.net et la cartographie de la quarantaine de Bibliobox déjà implantées dans l’hexagone).

De la matinale Bibliobox qui s’adressait à 20 personnes, nous voilà à la BPI pour un grand raout de bibliothécaires : 400 ont répondu présent pour la journée d’étude «Nouveaux usages et espaces créatifs et collaboratifs» concoctée, entre autres, par Silvère Mercier. La première personne sur qui nous tombons, c’est Virginie Tacq, qui arrive tout droit de Bruxelles. Elle représente le Service Lecture Publique de la Communauté Française de Wallonie-Bruxelles mais on la connaît aussi via Ludilab, collectif orienté jeu & numérique à Bruxelles, et pour ses articles sur ludobel.be.

On suit la première intervention de Vincent Chapdelaine (bibliothécaire et entrepreneur culturel, Montreal) sur les «bibliothèques innovantes et participatives», un tour d’horizon de «bibliothèques cool» où le mot tiers-lieux revient souvent et prend tout son sens dans les interventions qui suivent : de Helsinki à Dorre-sur-Allier, on pousse les murs et on fabrique de nouveaux parcours de lecture, on remix la bibliothèque.

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Demo Ludobox sur tablette, smartphone, laptop. Crédit photo : @MGorsse

Nous intervenons de 13h45 à 15h15 sur l’espace Forum. Des stands minimalistes, efficace, du speed-dating en tir groupé pendant 1h30… pas même le temps d’aller voir les stands voisins ! On aura quand même eu la pause déjeuner pour échanger, entre deux quiches, avec Bibliothèques Sans Frontières : nos projets de boîtes (Ideas Box, Ludobox) nous encouragent à creuser des pistes de collaborations.

Fin mars, on avait eu l’occasion déjà de faire quelques sorties publiques et informelles de la Ludobox à Paris. On est contents de voir que ces temps de rencontre, démonstration et discussion, ouvrent de nouvelles portes, génèrent de nouvelles questions…  Si la Ludobox peut se présenter comme un « dispositif ou service de médiation numérique innovant », ce qui nous préoccupe aussi, vraiment, c’est de penser l’écosystème qui supporterait un réseau de Ludobox ; un écosystème en adéquation avec les valeurs qui fondent l’idée de départ : l’accès à une librairie de jeux sous licence libre.

Ensuite à chaque « librairie » d’explorer ses modalités, les situations et habitudes. Gwénael Beuchet, conservateur au Musée Français de la Carte à Jouer à Issy-les-Moulineaux, que nous avions rencontré fin mars et revenu prendre des notes lors de la matinale à Versailles, s’est lancé (super !) : une Ludobox a trouvé sa place au musée. Les visiteurs y auront accès pour découvrir chaque mois des jeux (de cartes) du monde, pour grande partie relevant… du patrimoine ? … du domaine public ? … des communs ?

 

Sources, lectures & écoutes en écho à cet article :

  • Podcast de la journée d’étude disponible sur la web TV de la BPI (12/05/2015)
  • Le jeu : vers la culture… et au-delà , un article de Virginie Tacq sur ludobel.be (2015)
  • Jeu au centre, un dossier spécial à l’occasion du Nouveau festival : Aire de jeu (art & jeu) organisé au Centre Pompidou, publié dans le magazine de la BPI, à feuilleter ou télécharger sur bpi.fr (2015)
  • Jeu et bibliothèque : pour une conjugaison fertile, rapport de l’Inspection générale des bibliothèques, PDF disponible sur le site de l’Enssib (2015)
  • Radical Tactics of the Offline Library, un essai de Henry Warwick édité par l’Institute of Network Cultures, epub & PDF CC-BY-NC-ND 3.0 (2014)
  • Ma mémoire est au clou(d) [des archives dans les nuages], un texte de Cécile Portier sur remue.net (2011)
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