Loup-Guéant n’est plus…

« Loup-guéant » ne sera pas distribué !

Mais pourquoi me direz-vous jeunes chiots ?

Et bien, hommes et femmes de bonne volonté écoutez la terrible histoire des sous-bocks canins !!

Il était une fois,

un pays aux frontières hexagonales qui pendant de longues nuits ne connut ni la chaleur ni la joie d’un jeu simple.

Durant cet âge de ténèbres qui s’étendit sur les deux dernières décennies du 20e siècle, les habitants de France restèrent semble-t-il plongés dans l’ignorance complète d’un savoir ludique aux soviétiques origines.

Résultat d’une expérience universitaire, cette connaissance joyeuse portait alors le nom d’un jeu, « Mafia », inventé par Dimitri Davidoff en 1986.

Rappelons le principe : dans un groupe, quelques joueurs membres de la mafia sont infiltrés dans la société civile et font disparaître chaque nuit une innocente personne. Les mafieux agissent lorsque les joueurs ont, par consensus, les yeux fermés, évitant ainsi de révéler leur identité. Ensuite, l’ensemble des joueurs décident qui exécuter en représailles. Les citoyens remportant s’ils démasquent les mafieux ; les mafieux gagnant s’ils sont les derniers en vie.

Alors professeur à l’université de Moscou, Mr Davidoff recherchait un moyen d’étudier la psychologie de personnes plongées dans cette proposition ludique : une minorité informée s’oppose à une majorité ignorante.

Facilement reproductible à l’aide d’un procédé de tirage au sort anonyme (petit papier, carte à jouer, etc..), de nombreuses variantes virent alors le jour à travers les université soviétiques d’Europe de l’est, et les règles glissèrent doucement en Europe dite alors de l’ouest.

Mathématiciens, psychologues, policiers et autres techniciens se penchèrent bientôt sur cette proposition comme base d’étude sérieuse et fiable du vivre en groupe .

Depuis Moscou, en passant par l’Europe du nord, puis traversant l’Atlantique, il échouât bientôt dans les bras américains d’Andrew Plotkin, plus connu sous le pseudo de Zarf pour ses recherches sur les Fiction Interactives. Il découvrit le jeu au cours d’une conférence et s’empressera de publier dès 1997 les règles sur internet en y apportant une modification thématique : considérant que l’univers de la mafia ne proposait pas une ambiance qui puisse parler à l’imaginaire de tous, il fut le premier à le transposer dans l’univers des loup-garous.

A l’instar de Davidoff, il publiât un format de carte illustrée pour appuyer l’imaginaire, mais insistât sur l’aspect non propriétaire des règles, détaillant les variantes sur son blog, indiquant que des bouts de papier suffisent pour jouer.

Mais revenons à nos moutons mes petits loups, que faisait pendant ce temps là notre pays hexagonal plongé dans ses ténèbres, ignorant tout ou presque de ces règles merveilleuses qui ont fait l’engouement de tant de personnes à travers le monde ?

Et bien selon quelques sources, cette belle imbécile de France était passée complètement à côté de cette expérience politico-ludo-psychologique et seul un réseau d’initiés était au fait du jeu du loup garou…

Toute cette confidentialité ne semblât pas faire peur aux éditions « Lui-même » qui lançât une variante sous la forme d’une édition en 2001 appelée « Les loup-garous de Thiercellieux ».

Pour à peu près les mêmes raisons que les auteurs originaux du principe de jeu, Phillipe de Palliere et Hervé Marly avaient cœur de réunir leur village autour d’un jeu simple, plongeant les joueurs dans une évocation de la politique et de la psychologie, pas toujours reluisante…

Travaillant semble-t-il assez longtemps en France et ailleurs pour faire sortir l’hexagone de son ignorance du principe de jeu du loup garou, ils inventèrent et compilèrent des variantes protégées par copyright, et rencontrèrent le succès commercial que certains connaissent.

Les éditions « Lui-même » peuvent en ce sens s’attribuer le mérite d’avoir « éclairé »  la France qui avant eux n’était pas ou peu au fait des règles du loup-garou.

Mais voilà cette lumière qui éclairât l’hexagone a un prix, ce prix porte plusieurs noms : droit d’auteur, droit d’exploitation, accord écrit.

Ainsi même si l’on peut dire que la paternité du jeu est traçable et qu’elle revient à Mr Davidoff pour le principe de jeu, et à Mr Plotkin pour le thème, et que l’on peut jouer a ce jeu sans « Les Loup-garous de Thiercellieux », il n’en reste pas moins que la notoriété française du jeu peut être attribuée aux éditions « Lui-même ».

Et c’est sur ce point spécifique que nous arrivons aujourd’hui à un différent avec les auteurs des « Loup-garou de Thiercelieux » avec qui nous avons fini par convenir de ne pas publier notre jeu « Loup-Guéant ».

N’ayant pas en tête de porter préjudice à leur exploitation commerciale du jeu, nous ne pouvons pas non plus décemment nous aligner sur des conditions qui nous paraissent injustes pour vous qui nous soutenez.

Le prix de vente de nos productions se devant d’être accessibles à tous, et le moins cher possible en fonction du matériel fourni, il nous faudrait vendre ce jeu à prix proche de celui des éditions « Lui-même » afin d’éviter un conflit. Et nous ne pouvons nous y résoudre.

Ainsi même si nous en convenons l’on peut jouer au jeu du loup-garou avec quelques bouts de papier et des gens de bonnes volontés (les règles étant disponibles sur internet…), exploiter la reconnaissance de ce jeu pour vendre nos sous-bocks semble pouvoir porter préjudice au « Loup- garou de Thiercellieux ».

Nous distribuerons donc nos sous-bocks sans la règle de jeu d’origine.

L’ensemble graphique portera le nom « Xenophobière » et devra être considéré comme une traduction visuelle d’une actualité dramatique. Mais pas comme un jeu.

Son prix de distribution sera du même coup rabaissé à 3€.

Les règles de jeu du « Loup Guéant » quant à elles resterons ici sur le site à disposition de tous, et pourrons être considérer comme une variante du jeu de Loup Garou, mais ne serons pas commercialisées.

A bientôt monde canin !

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3 réponses à “Loup-Guéant n’est plus…

  1. Donc j’ai eu beaucoup de chance de me le voir offrir ce weekend à Theix ? :p
    Je le teste ce soir avec mes habitués, je vous ferais part des retours.
    EN tout cas, le tout est très beau et le principe de jeu libre me plaît énormément en général. Dommage cette histoire de droit, mais ne perdez pas espoir et continuez comme ça les toutous !

    EN

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